Cahier des charges : contraintes et volonté

Je suis à l'atelier et à la commande en même temps. La conception en est alors grandement accélérée : les liens attentes-techno sont presque instinctifs. Le désavantage, ce serait de se freiner dans ses attentes en s'imaginant la liste des actions à entreprendre pour une simple carte de visite digitale. C'est aussi pragmatiquement efficace quand on surveille son budget.

D'ailleurs, est-ce bien une simple carte de visite digitale ? Au départ, oui ! Il m'a fallut deux heures pour mettre en place le premier bloc de contenu de la page d'accueil. Il répondait à un premier objectif simple : pouvoir répondre aux questions de mes proches avec un support concret. Disparaître soudainement pendant des journées entières derrière un écran, ça a éveillé des interrogations...

Cette micro-carte de visite en place, j'ai pu me consacrer à développer un CMS (content managing system). Celui-ci sera l'un des ingrédients de base de mes prestations. Des CMS, Il en existe déjà des centaines, peut-être même des milliers. Parmi les plus connus Drupal, Joomla ou encore Wordpress. Leur point commun, être open-source, libre de droits et extensible. Alors pourquoi donc m'obstiner à développer ma propre solution ?!

Réinventer la roue, c'est une constante dans la création. C'est aussi un mécanisme d'apprentissage. J'avais ce premier besoin. Remettre les mains dans le cambouis sur un premier projet. En terme d'apprentissages, ce processus fut génial. En terme de résultats aussi. Aujourd'hui, ça me permet de proposer une solution que je maîtrise mieux que n'importe quel CMS, cohérente, et, hyper-rapide (à maintenir, à faire évoluer et à mettre en prod). Sans gagner sur tout les tableaux, je perds toutefois l'écosystème de plugins et d'extensions que peuvent avoir Drupal ou Wordpress.

Je me suis éloigné un petit peu du sujet pour mieux y revenir.

Mon CMS arrive à son adolescence, il me faut le tester pour de vrai. Et maintenant qu'il est presque prêt, il me faut aussi donner un coup de visibilité à PiedWeb.com (en espérant avoir quelques projets pour l'hiver !). Je reviens donc vers ma carte de visite et décide de la transformer. Je vais l'agrémenter d'un blog. Celui-ci sera un support à un deuxième levier, améliorer un réseau. Il permet également de proposer un complément d'informations non-négligeables pour de futurs potentiels intéressés par mon activité. Je le souhaite visuellement efficace, simple à éditer et bien organisé.

Je sais maintenant ce que je veux, pourquoi je le veux et comment je le veux. Bilan sur le temps pris sur cette phase : quasi-nul. Je plancherai une demi-journée pour mettre en ligne la micro-carte de visite (achat du nom de domaine, une page html et son design css minimaliste, création d'une adresse mail).

Développement et Déploiement

Je fais donc le choix technique de bâtir sur mon CMS que j'étendrai avec Static (une des quatre premières extensions que compte déjà le dénommé PiedWebCMS). Ca répond à cette seconde attente : « un blog simple à éditer ». Le choix technique n'est également pas une surprise. Vous l'aurez compris, c'est un objectif sous-jacent à ce projet.

Concernant le visuel, je décide de partir de zéro ou presque. Graphiquement, j'imagine déjà l'identité visuelle et ma page type. Le challenge technique de la performance (rapidité d'affichage) me passionne d'autant plus ! Un site visuel mais rapide contrastant avec la vague de sites modernes, lourds et lents.

Après un premier brouillon html/CSS (langages avec lequel un navigateur interprète la mise en forme), je valide mon idée et l'agrémente de quelques librairies Open-Source (via NPM). L'écosystème front-end a une quantité incroyable de librairies libre de droits. BundlePhobia est un service génial pour déceler les usines à gaz. Avec son aide, j'implémente Bootstrap Reboot qui me facilitera la vie avec les différents navigateurs, FlexBox Grid pour gérer les différentes tailles de device (téléphone, tablette, pc), Animate On Scroll et smooth-scroll qui ajoutent quelques effets lors du scroll et micro modal et baguetteBox qui affiche images, vidéos ou de textes dans une pop-up interne à la page. Il ne reste plus qu'à motorisé ce thème dans le CMS pour qu'il devienne un template (twig).

Enfin, il ne me reste plus qu'à nourrir la bête : apporter du contenu et l'organiser. Le contenu vient spontanément, l'organiser demande rigueur et objectifs. A la croisée de l'expérience utilisateur et des besoins en SEO, je fais confiances à mon organisation spontanée et ne planche pas dessus plus que ça. Je sais que mon bâti me permettra d'évoluer rapidement et je ne me suis fixé aucune prétention SEO (je ne vise pour l'instant aucun mot clef). Il me faut alors une journée et demi pour revoir le contenu de ma carte de visite (la page d'accueil) et construire les pages blog, A propos de Pied Web, Je lance mon activité et celle-ci. 5 pages au total. Plus tard, je consacrerai une nouvelle journée à la relecture de celui-ci.

Plus qu'à mettre en ligne. Quelques lignes de commandes feront l'affaire (merci rsync).

Bilan sur le temps pris sur cette phase : 1 heure pour installer mon CMS, 1/2 journée pour dessiner un thème (from scratch), 1/2 journée pour l'intégrer et 11/2 journée pour le contenu (voir 21/2). Une journée correspondant à une dizaine d'heures scotchées au clavier, ce qui nous donne 36 heures qui s'ajoute à la demi-journée du cahier des charges.

Visibilité : Avoir pignon sur rue

La visibilité est centrale dans un projet. Beaucoup de projet s'arrête à la construction des murs. Si vous étiez restaurateur, imaginez-vous pouvoir remplir votre salle en oubliant l'éventuel devanture, les probables panneaux d'annonces et publicitaires ou encore le partenariat avec l'office de tourisme du coin. Peut-être même, n'êtes-vous pas présent dans les Pages Jaunes ou TripAdvisor. Si tout ça passe à la trappe, c'est foncer dans le mur ou se faire un gros plaisir personnel qui m'aura pris quarante et une heure de boulot laissant un goût d'inachevé.

Pour ce cas précis, j'ai décidé d'appuyer le développement de mon activité sur du réseau et des partenariats. Ainsi, je sollicite les copains, je fais tourner ma carte de visite digitale et j'espère avoir d'ici peu des retours. Hormis la campagne publicitaire (intrusive), c'est le levier que je pense le plus rapide et efficace. Aussi, je laisse partiellement de côté mon levier préféré, le SEO, car il demande un investissement sur le long terme et apporte également un retour sur le long terme. Il est toutefois intégré au projet automatiquement : j'ai paramétré mon CMS de façon à ce qu'il intègre les bonnes pratiques pour faciliter l'analyse algorithmique de Google. De plus, mes compétences me permettent d'appliquer presque instinctivement ces mêmes bonnes pratiques lorsque j'ajoute du contenu à ce site.

Le temps passé sur ce poste de dépenses n'est pas encore arrêté. Je l'estime à 2 voir 3 jours. S'ajoutera également le temps mis à réaliser de nouvelles pages (articles de blog, documentation, etc.).

Ce n'est pas finit ! Veille, sécurité et évolutions

Comme pour toute infrastructure, il faut veiller. Veiller pour s'assurer que le service fournit - un site web s'affichant dans les navigateurs contemporains - continue fonctionner. Les facteurs de dégradations du service peuvent être connus (mise à jour incompatible, faille entraînant un hack, nouvelles lois, renouvellement de l'hébergement et du domaine) ou surprenants (fermeture de l'hébergeur) voir inconnus. Cette veille vise à mettre en place rapidement une solution pour permettre au service de continuer. Sans pouvoir en être certain et d'après mon expérience, j'estime une dizaine d'heures sur l'année pour un site vitrine comme celui-ci s'appuyant principalement sur des technologies robustes et stables dites LTS (long term support).

Comme tout projet, celui-ci a une cyclicité que l'on pourrait résumer ainsi : objectifs - mise en place - évaluations. Et rebelote ! Il y a des cycles plus petits que d'autres (correction d'un bug vs. nouvelles fonctionnalités). Un nouveau cycle pourra être plus long que le cycle initial ou beaucoup plus court. Pour PiedWeb.com, j'en suis déjà à mon deuxième cycle : je suis passé d'une simple carte de visite à une vitrine.

Les évolutions possibles sont encore nombreuses. Elles correspondent principalement aux objectifs que j'ai retiré de mon second cycle. L'explication est pragmatique : réduire le coût (donc le temps) consacré au projet. Mieux vaut un petit projet réalisé q'une grosse machine interminable ou inachevée (les murs sans la devanture). Ainsi, je souhaitais initialement intégrer une partie anglophone pour gérer la documentation des projets que je partage librement. Ce sera un sous-projet qui viendra plus tard avec d'autres, quand le temps s'y prêtera (maturité des projets et demande en doc).

Conclusions préliminaires

Jeu, set et match. Ou pas tout à fait, car un projet ce n'est pas un cycle, et si je peux aujourd'hui conclure sur ces deux premiers cycles, je ne peux vous donner une vue globale sur le coût de cette vitrine sur les dix prochaines années.

En continuant d'exclure de l'équation les centaines d'heures passées à réaliser le CMS, base technique du projet, nous pouvons additionner le réalisé et les projections. Nous obtenons enfin le résultat à notre première question Combien de temps m'a-t-il fallut pour m'être en avant mon activité via le web ? Premier cycle et cahier des charges : 5h, développement et mise en prod : 36h, visibilité : 25h. On arrive donc à un total de 60 heures plus une 10aine d'heures de veille. En ramenant à mon tarif journalier, on obtient donc un site à 1 080€ + 180€.

J'affiche pourtant sur ma carte de visite un prix moyen dans la réalisation de ce type de site à 1620€. Intéressons-nous aux différences qui augmentent le prix de presque 50% entre une conception pour moi et une conception pour autrui.

Construire pour les autres : quelle différences ?

Commençons par soustraire ! Le temps engagé dans la gestion du contenu est en théorie divisé par deux. Vous êtes la meilleure personne pour décrire ce qu'il y a derrière la vitrine. Cette action pourra donc se transformer en deux sous-actions : conseils en techniques rédactionnelles et sur vos visuels (photos), et, organisation (UX et SEO) de votre contenu. Et là, la théorie devient très approximative car deux facteurs uniques à chaque projet entrent en jeu : vos compétences rédactionnelles et le nombre de page que votre vitrine a besoin. Ne soustrayons donc rien car le temps passé sera certainement plus long.

Additionnons plutôt ! Technophile, je maîtrise la plupart des interfaces du moment. C'est peut-être aussi votre cas.Tant mieux, l'apprentissage de l'édition de votre vitrine ira vite. Comptons quand même une journée minimum d'accompagnement sur ce point qui sera aussi l'occasion de vous transférer quelques compétences rédactionnelles. J'y ajoute systématiquement une journée d'accompagnement à distance que vous pourrez utiliser tout au long de l'année (questions ouvertes par mail).

Nous passons d'un coup à 80 heures (≈ 1440€).

Sur ma carte de visite, j'explique ma méthodologie de travail. Dans celle-ci je détaille 1/2 journée d'échange, 1/2 journée d'évaluation puis un temps de validation. Comptons une journée, en se rappelant que ce processus devra s'étaler sur plusieurs jours et peut se répéter. C'est le temps pris à établir un cahier des charges, sans quoi vous serez déçu du résultat et je serai déçu de votre déception.

Cette phase de conception est courte. Dans n'importe quelle autre thématique je l'aurai multiplié par deux ou trois. J'ai choisi de me spécialiser dans les projets des professionnel de la montagne, je n'ai donc pas à me familiariser avec les combinaisons du black-jack ou encore les spécificités de moteurs de satellite. Vivre et travailler dans cet environnement me permet de connaître les principales problématiques de votre activité.

Nous arrivons à 90 heures (≈ 1620€ temps de travail + 190€ veille et hébergement).

Dans le cas d'une prestation, cette estimation serait presque directement relié à mon potentiel revenu net, ses relatives charges (administratives et fiscales). En travaillant avec mois, vous ne choisissez ni le meilleur ni le moins cher. Vous choisissez une approche qualitative, pédagogique et en partie politique. Cette dernière dimension se traduit alors par le soutien de valeurs (éthique commerciale douce ≠ agressive, soucis humaniste et écologiste, libertés individuelles numériques) et d'une activité à faible empreinte dans le milieu montagnard.

Si votre lecture est arrivé jusqu'ici, un peu de recul sur ces chiffres s'impose. Dans le cas d'une prestation que j'accompagnerai, j'essaie de détailler du mieux possible mon travail, le corrélant avec son coût. Mon accompagnement est fortement pondéré par la question comment réduire le coût de sa digitalisation ?

Cette interrogation est cruciale pour réaliser une mise en valeur à son échelle. J'étaye ma proposition sur le potentiel retour sur investissement de votre activité en m'appuyant principalement sur les volumes de recherches mise à disposition par Google. Si le coût vous semble toujours trop important, je vous inviterai également à réfléchir aux pistes de réduction des coûts qui s'offre à vous (réduire les attentes, mutualiser le besoin, affiner votre niche...).

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